mardi 24 juin 2008

Récit de mon Bordeaux-Paris


Samedi 21 juin, 8h00 c’est le départ pour Bordeaux. Christophe, Mathieux, Ricardo et moi, allons chez francky pour partir ensemble. La pression monte et je me laisse conduire en essayant de dormir dans la voiture. Le sommeil ne vient pas, je suis déjà en train de faire ma course !!!
11h00, arrivée à Artigues près de Bordeaux, où le départ est prévu à 14h00. Nous partons manger tous ensemble, avant de récupérer mon dossard et ma plaque de cadre. Pendant que je me prépare, Christophe s'occupe de mon vélo, Mathieux de mes bidons et Ricardo organise la voiture pour les prochains arrêts.







Puis, ce sont les dernières mises aux points et dernières recommandations. Je suis le seul à pédaler, mais sans mon assistance, sans mes trois amis, je ne suis rien !!! Ce Bordeaux-Paris est une course d’équipe, où chacun a son rôle à tenir, pour que le 589 tienne bon !!!
13h 45 je suis sur la ligne de départ, le soleil et la chaleur sont de la partie il fait 35°, et le palpitant monte. 14 heures, un départ fictif est donné pour quitter Artigues, et puis c'est parti pour 623 Km.


J'arrive à bien me placer de façon à rester dans la tête du paquet. Les deux premières heures sont très rapides avec une moyenne de 40km/h de façon à ce que les groupes se forment avant le C1 (105km), où mon assistance m’attend, car elle ne peut commencer à me suivre qu’après le passage de celui-ci.. Une première alerte au km 85, je me fais lâcher, mais j'arrive à rentrer en slalomant entre les voitures suiveuses de l'organisation. Quelques kilomètres plus loin, je n'ai plus à boire! La chaleur et le rythme insoutenable m'oblige à lever le pied et à laisser le premier paquet partir. A ce moment de la course, je sais déjà que je vais souffrir et que mes temps estimatifs de passage aux différents contrôles ne seront pas respectés. Maintenant il faut gérer et tenir le rythme pour aller jusqu'au bout. Au C1 au lieu dit le "Bout du Bois", il est 17h04, et le premier groupe est passé depuis 20 minutes. Mon assistance s'inquiètait de ne pas me voir arriver d'autant plus qu'ils avaient entendu dire qu'il y avait eu des chutes et des abandons par insolation. Christophe me masse tel un kiné et vérifie mon vélo, Mathieux s’occupe des bidons et Ricardo me remplit les poches de gels énergétiques, de quiches et pizzas. En effet, il est important de manger salé les premières heures d’une course aussi longue. Douze minutes après, je reparts pour 127 km avec cette fois un soulagement pour moi car je sais qu’a partir de maintenant, la voiture est derrière moi en cas de problème.










la chaleur est étouffante, je fais plusieurs petits arrêts pour respirer, m'étirer. Les gars sont superbes, aux petits soins et me motivent à chaque fois qu'ils voient que je doute sur la suite. 23h46, me voici au C2 (231 km) de Isle Jourdain, où nous avons été déviés car 3 vélos ont été percutés. Quelques minutes avant j'étais avec eux!!! pourtant bien protégés par leur assistance, un véhicule les doublant s'est rabattu trop vite et les a percutés. Les nouvelles sont mauvaises, ils sont gravement blessés et évacués. Je suis choqué et je commence à douter.





Richard et Christophe m'ont préparés pour la nuit, en m'équipant de manchettes, jambières et d'un gilet fluo. Minuit je reparts pour le C3.







J'ai de bonnes jambes, mais une pointe au coeur sous les côtes qui gène ma respiration à l'effort. Le parcourt est très bosselé comme je l'aime!!!! Après la canicule, le déluge. Il est 1h30 et les éclaires tombent autour de moi. Je n'avais jamais vu cela, à tel point que je me pose des questions sur ma sécurité. Il tombe des cordes, je suis trempé et le moral n'est pas au beau fixe.





3h00 arrivée au C3 (313 km) à Martizay, où le contrôle se fait dans un café. Je me change des pieds à la tête, pendant que les gars me commandent un bon chocolat chaud. Il pleut toujours et encore, et je fais une hémorragie nasale. Richard me donne un kleenex que je me mets dans le nez par petits bouts. Rien n'y fait je saigne de plus en plus. Je me fais un point de compression ce qui m'oblige à tenir mon cintre d'une main. Au bout de quelques minutes, le saignement s'arrête enfin. Les routes sont détrempées et moi fripé comme un petit vieux. Je ne sents plus mes doigts de mains et mes doigts de pieds comprimés et trempés. Bref tout va bien!!!!






6h10, j'arrive au C4 (384km) de Noyers sur Cher qui est le bien venu. Les conditions sont exécrables. Cela fait 4 bonnes heures que je roule au mental sous la flotte. Je profite de cet arrêt pour me changer une nouvelle fois des pieds à la tête pour éviter de prendre froid.





A ce moment, je pense déjà à arrêter. Les abandons s'accumulent autour de moi, il est de plus en plus difficile de se motiver. Les gars sont encore une fois là pour me donner l'envie de repartir. Il est 6h30 et je remonte sur mon vélo pour un nouveau bain de 34 km. Le C5 n'est pas loin en distance, mais les kilomètres par ce temps, et par ma fatigue physique et morale, sont doublés voir triplés. Les gars sont géniaux. Christophe, Richard et Mathieux font un superbe boulot, et sont là pour me motiver, me calmer et me conseiller en plus d'être réactifs à toutes mes demandes. Le Contrôle suivant arrive, il est 8h05, et c'est l'arrivée au C5 à Romorantin (418 km). Je pointe et je mange, mais je sais déjà que je vais arrêter. Cela fait plusieurs kilomètres que j'y pense. C'est réfléchit, je n'en peux plus, j'ai 428km au compteur il en reste 200 à faire. Je connais mes limites physiques, et je ne veux pas continuer au risque d'aller trop loin me sentant en danger physiquement. Je vois dans les yeux des gars de la déception et de la compréhension. Christophe me dit même "ce que tu as fait, je ne l'aurais jamais fait". Ils me comprennent, me connaissent et savent que si j'ai pris cette décision, avec tous les sacrifices réalisés jusqu'à ce jour, c'est vraiment que je suis au bout du rouleau. Mon Bordeaux Paris s'arrête donc à Romorantin après 428 km. Je ne regrette rien, cela fut une superbe expérience sportive, et une extraordinaire expérience humaine. En effet Christophe, Mathieux et Richard ont partagé un "truc" très fort avec moi, une aventure dans l'aventure. Des moments forts, des regards, des mots, des gestes et une complicité qui font que malgré le fait de ne pas avoir atteind Paris, j'ai gagné. Oui j'ai gagné car tout ce que nous avons partagé, personne ne pourra nous l'enlever. Bordeaux Paris ou même Bordeaux Romorantin c'est finit et bien fini, merci à Christophe, Ricardo et Mathieux, merci à ma femme, mes enfants, mes parents, ma famille, mes amis et tous les autres de m'avoir soutenu et suivit dans cette aventure en espérant que je ne les ai pas trop déçu, mais encore une fois, croyez moi je suis bien allé au bout de mes limites. Maintenant c'est du repos, les vacances d'été et puis retour à la compétition route en départemental, que je ne manquerais pas de vous relater.


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jeudi 19 juin 2008

Bordeaux-Paris J-2




Merci à Ricardo, pour cette belle plaque, qui va me permettre de jour comme de nuit de bien repérer mon assistance aux différents points de contrôles.
Grâce à celle-ci, je vais pouvoir les visualiser rapidement, et ainsi gagner un temps certain sur mon ravitaillement de façon à repartir plus vite ou en tout cas à ne pas perdre de temps.
Rendez-vous à l'arrivée, merci à tous ceux qui me soutiennent et qui me lisent. Le récit de mon Bordeaux-Paris sera en ligne le plus rapidement possible selon mon état.


mercredi 18 juin 2008

Bordeaux-Paris J-3

Aujourd'hui dernière sortie tranquille de 2h30 avec 72Km. Le temps était de la partie, et j'ai fais avec Chris le tour du lac de Saint Aignan. De retour à la maison, étirements et massage avant de m'attaquer à la préparation du vélo. Les lumières et le support de la plaque de cadre sont installés. Le sac est fait et les caisses de matériels commencées. Le stress monte, descend et remonte. Vivement le départ pour ne plus y penser, et être sur le vélo et ne penser qu'a pédaler et bien s'alimenter jusqu'à Paris!!!
Rendez-vous à Paris, et sur mon blog pour un résumé complet, en début de semaine prochaine.


mardi 17 juin 2008

Bordeaux-Paris J-5

Hier, révision des 6000 chez l’ostéopathe !!!
Cette semaine devait être de tout repos, mais les spécialistes autour de moi, m’ont tous conseillés de rouler. Cela m’arrange, cars le stress monte et j’ai l’envie de rouler et le besoin d’évacuer. Ce midi je viens de rouler une heure tranquille avec 28 Km, et ce soir je compte faire la même chose. Demain, un tour du lac de deux heures avec Chris, et puis fin de chantier !!! Le reste de la semaine sera consacré à finaliser la logistique, en essayant de ne pas trop penser à ce Bordeaux-Paris, car hier, soir le sommeil avait déjà du mal à venir, et je commençais déjà à faire ma course dans la tête !!!


dimanche 15 juin 2008

mercredi 11 juin 2008

Derniers Tours de Pédales

Lundi un petit décrassage d'une heure, Mardi 55 Km avec Michel et ma nouvelle tenue, gracieusement offerte par Vélo Magazine et aujourd'hui de la bosse avec Tyfene. Beaucoup plus courageuse que moi, elle a fait quatre fois le mur de Saint Fiacre, alors que moi, je me suis arrêté au deuxième passage.
Ce soir je viens de mettre mon vélo chez Run Tri Bike (Chez Fredo) pour l'ultime révision. Ce week end, dernière sortie pour affiner les réglages puis une semaine de repos avant le Bordeaux-Paris.
Merci VéloMag

dimanche 8 juin 2008

Sortie Bosses

Aujourd'hui, le soleil et l'envie étaient de la partie. Ce break de la semaine dernière m'a fait un grand bien. Ce matin, c'est avec Mathias dit "Van Petegem Trop Gros", Olivier et notre mobylette Laurent que nous sommes partis côté Nord Loire. Laurent c'est un costaud. Issue du Triathlon et surtout IronMan, il a fait une grande partie de la sortie devant "à nous faire mal à la gueule" Oudon, le Celier, Champtoceau, la Varrene, toutes les bosses du coin y sont passées.
Bref c'est une belle sortie de 110 Km avec un 30.5 de moyenne malgré les bosses, et de très bonnes sensations, surtout après 80 Km.
En effet, depuis quelques temps, et surtout depuis les longs brevets, je me compare à un moteur diesel. Il me faut près de 80 Km avant de trouver mon rythme de croisière, et de commencer à avaler les kilomètres à des fréquences de pédalages élevées sans trop me fatiguer.
Dernière semaine de préparation avant le Bordeaux-Paris. Au programme de cette semaine, une sortie de 70 Km mercredi et une sortie de 120 Km dimanche. Entre les deux, des petites sorties tranquilles de 1h30. A ce stade de la préparation, une seule chose compte : La récupération.

samedi 7 juin 2008

Merci mon Ricardo

Vendredi soir, alors que je contact Christophe, Mathieu et Tonio afin de fixer un soir pour une préparer mon assistance au Bordeaux Paris, une mauvaise nouvelle tombe. Tonio ne pourra pas être des nôtres. Que faire ? Partir avec une assistance composée uniquement de Christophe et Mathieu, ou bien trouver une personne de confiance pour m’accompagner ? Après réflexion, et pour que ce Bordeaux Paris se déroule dans les meilleurs conditions, et ce, aussi bien pour moi que pour l’assistance qui va passer 24h à me suivre, m’assister, m’encourager et être à l’écoute de tous mes besoins, pas de doute, c’est Ricardo qu’il me faut !!!
Richard, mon Ricardo à moi, c’est une mec en Or, toujours disponible, le cœur sur la main, toujours prêt à aider, à dépanner, à réconforter et tout cela, chose rare de nos jours, sans compter. Bref un ami que tout le monde aimerait avoir. Les amis, dans la vie on les compte sur les doigts des mains.
Aujourd’hui, Ricardo vient une fois de plus de me témoigner de cette forte amitié, en me faisant l’honneur de sa présence au Bordeaux Paris. Je suis fier de lui et très reconnaissant , sachant les sacrifices qu’il fait pour être présent. En effet, travaillant le samedi, il pose un jour de congé, et laisse sa femme et ses trois enfants seuls ce week-end, alors qu’ils avaient des choses de prévues, dont un 150 km organisé de longue date avec son club !!!
Alors Ricardo un grand MERCI pour tout cela, et un grand MERCI aussi à toi Mag pour l’avoir soutenu dans sa décision. J’espère ne pas vous décevoir sur ce défit, et quoi qu’il arrive de bon ou de mauvais sur ce Bordeaux Paris, je peux vous dire que je saurai repousser mes limites pour vous tous. Pour toi Ricardo, pour toi Christophe, pour toi Mathieu ainsi que pour ma femme et mes enfants, qui depuis plusieurs mois supportent mes humeurs, mon indisponibilité répétée, mes longues absences pour les entraînements et les brevets et tout ce temps à la préparation qui mine de rien n’est pas négligeable.


mercredi 4 juin 2008

Reprise

Aujourd'hui, après 6 jours de repos et un début de bronchite, c'est avec le soleil, Francky et Tyfen, que je suis remonté sur mon vélo. Francky je ne le présente plus, il est présent depuis le début de ma préparation. Quant à Tyfen, cela faisait prés de deux ans que je n'avais plus roulé à ses côtés. En effet, depuis qu'elle a quitté l'UCPR pour l'UCNA, où elle roule en Nationale Féminine, nous avons moins l'occasion de nous retrouver.
Nous avons roulé tranquillement, tout en discutant et rigolant. Une sortie à faire "du jus" et à travailler la vélocité. En effet, je préfère faire des petites sorties de 70 km avec une sortie plus longue d'environ 120km le dimanche, plutôt que de me "cramer" alors que l'échéance approche à grand pas (J-17).
Voici deux petites vidéos. La première où l'on voit Francky et Tyfen et la seconde, où l'on voit le travaille de vélocité (fréquence de pédalage à 100tr/min).
FRANCKY ET TYFEN

TRAVAIL DE VELOCITE